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Fonds euros à 2,6 % en 2025 : quel conseil en 2026 ?

Réponse rapide. Le fonds en euros moyen a servi 2,6 % au titre de 2025 (France Assureurs), un chiffre confirmé à 2,63 % par l'ACPR : la troisième année consécutive à ce niveau. Net des prélèvements sociaux de 17,2 % et de l'inflation 2025 de 0,9 % (INSEE), le rendement réel du fonds euros moyen ressort autour de +1,25 %. Le sujet 2026 pour le CGP n'est donc pas le rendement facial, mais la dispersion (2,6 % contre 4,10 % pour le meilleur contrat) et la réallocation à documenter dans le rapport d'adéquation.

En bref

  • 2,6 % de rendement moyen des fonds en euros en 2025 selon France Assureurs, 2,63 % selon l'ACPR : stabilité pour la 3e année consécutive.
  • 4,10 % pour le meilleur fonds euros 2025 (Corum EuroLife) : un écart de 1,5 point avec la moyenne, soit l'enjeu de sélection que le client attend de son conseiller.
  • Rendement réel positif en 2025 (inflation 0,9 %, INSEE) mais érodé en 2026 (1,8 % en juin, INSEE) : le discours doit passer du nominal au réel.
  • Le Livret A à 1,50 % depuis février 2026 après trois baisses successives : le fonds euros reprend un avantage relatif sur l'épargne réglementée.
  • Tout maintien ou arbitrage du fonds euros doit être motivé et tracé au titre de l'article 25 MIF2 (L.533-13 CMF).

Pourquoi 2,6 % de rendement moyen ne se commente pas au nominal ?

Un client qui lit « 2,6 % » dans la presse patrimoniale retient un chiffre brut. Le rôle du CGP est de le convertir en rendement réel net, seule grandeur qui a un sens pour la décision.

Deux retraitements s'imposent. D'abord les prélèvements sociaux : sur un fonds en euros logé dans un contrat d'assurance-vie, les gains sont ponctionnés chaque année de 17,2 % (l'assurance-vie reste exclue de la hausse à 18,6 % applicable depuis 2026, un point développé dans notre analyse de la flat tax à 31,4 %). Un rendement facial de 2,6 % devient donc environ 2,15 % net de prélèvements sociaux. Ensuite l'inflation : à 0,9 % de moyenne en 2025 selon l'INSEE, le pouvoir d'achat de l'épargne progresse d'à peu près 1,25 point. Le fonds euros a donc protégé le capital réel en 2025, ce qui n'était pas le cas en 2022-2023.

Le fonds euros n'a pas retrouvé un rendement élevé ; c'est l'inflation qui a baissé. Le rendement réel positif de 2025 tient à un contexte désinflationniste, pas à une revalorisation de la classe d'actifs.

Le point de vigilance pour les rendez-vous de 2026 : l'inflation est remontée à 1,8 % en juin 2026 (INSEE). Un fonds euros qui servirait à nouveau autour de 2,6 % à 2,9 % (prévision Good Value for Money pour 2026) verrait sa marge réelle se resserrer à moins d'un point net. Le message à faire passer au client n'est pas « le fonds euros rapporte », mais « le fonds euros préserve, marginalement, à condition d'être bien sélectionné ».

Comment situer le fonds euros face aux autres supports en 2026 ?

La comparaison utile en rendez-vous n'oppose pas le fonds euros à lui-même d'une année sur l'autre, mais aux alternatives de même horizon et de même niveau de risque. Le tableau suivant sert de trame objective, reprenable dans une fiche client.

SupportRendement / taux de référenceRisque de perte en capitalLiquiditéUsage type en allocation
Fonds euros (moyenne)2,6 % en 2025 (France Assureurs)Nul (garanti)ÉlevéePoche sécurité, fonds de précaution
Fonds euros (meilleurs)3 % à 4,10 % en 2025Nul (garanti)ÉlevéeIdem, sous condition de sélection
Livret A1,50 % depuis février 2026Nul (garanti)ImmédiateTrésorerie de très court terme
SCPI (marché)Selon données ASPIM sourcéesOui (immobilier)FaibleRevenus, diversification long terme
Unités de compte actionsVariable, non garantiOui (marchés)VariableCroissance, horizon 8 ans et plus

La dispersion interne au fonds euros est le point le plus actionnable. Entre une moyenne à 2,6 % et un meilleur contrat à 4,10 % (Corum EuroLife, 2025), l'écart dépasse 1,5 point de rendement annuel à risque strictement identique, puisque le capital est garanti dans les deux cas. Sur un encours de 200 000 euros, ce différentiel représente environ 3 000 euros de gain annuel supplémentaire. C'est cette sélection de support, et non la classe d'actifs elle-même, qui crée de la valeur mesurable pour le client, et que le conseiller doit pouvoir justifier.

Attention toutefois aux taux bonifiés temporaires affichés par certains assureurs : ils sont fréquemment conditionnés à une part minimale d'unités de compte dans le versement. Recommander un contrat pour son taux boosté sans expliciter la contrainte d'UC associée, et donc le risque de perte en capital induit, exposerait le CGP sur le terrain de l'adéquation.

Comment documenter le choix du fonds euros dans le rapport d'adéquation ?

C'est le cœur du sujet côté conformité. Qu'il s'agisse de maintenir la poche fonds euros, de la renforcer ou de l'arbitrer vers des UC, la décision doit être tracée au titre de l'article 25 de MIF2 (transposé à l'article L.533-13 du Code monétaire et financier). Le rapport d'adéquation est le livrable qui démontre que la recommandation correspond au profil du client.

L'AMF, dans ses contrôles SPOT récurrents sur l'adéquation, relève régulièrement des insuffisances dans le recueil de l'information client et dans la démonstration du lien entre le profil et le produit proposé. Un fonds euros recommandé « par défaut », sans rattachement explicite à l'objectif de sécurité et à l'horizon du client, est précisément le type de recommandation faiblement motivée que les inspections pointent.

Trois éléments à faire figurer noir sur blanc dans le rapport :

  1. Le rattachement à l'objectif. Préciser que la poche fonds euros répond à un objectif de sécurité ou de réserve de précaution identifié lors de la découverte client (KYC), pas à une recherche de performance.
  2. La mise en garde sur le rendement réel. Indiquer que le rendement nominal peut se rapprocher de l'inflation, et que la garantie porte sur le capital nominal, pas sur le pouvoir d'achat.
  3. La justification de la sélection. Motiver le choix du contrat retenu (rendement 2025, solidité de l'assureur, absence de contrainte d'UC pénalisante) plutôt qu'un fonds euros générique.

Pour l'arbitrage du fonds euros vers des UC, le même raisonnement s'applique dans l'autre sens : la prise de risque supplémentaire doit être reliée à un horizon suffisant et à une tolérance au risque documentée. Le lecteur trouvera une trame complémentaire dans notre article PER ou assurance-vie, qui traite de la même logique d'enveloppe.

Faut-il arbitrer le fonds euros vers d'autres supports en 2026 ?

La question revient à chaque rendez-vous de mi-année. La réponse honnête, et défendable en cas de contrôle, n'est jamais binaire : elle dépend de l'horizon et de l'objectif de la poche concernée, pas d'une vue de marché. Il est utile d'objectiver la décision avec une projection en euros plutôt qu'en pourcentages abstraits.

Prenons une poche de 100 000 euros aujourd'hui sur un fonds euros. Le tableau ci-dessous illustre le résultat net de prélèvements sociaux et corrigé de l'inflation attendue, sur un horizon d'un an, selon trois scénarios de rendement. Il n'a pas valeur de conseil personnalisé : c'est une grille de lecture à adapter à chaque situation.

Scénario 2026Rendement brutNet de PS (17,2 %)Réel (inflation 1,8 %)Gain net réel sur 100 000 €
Fonds euros moyen2,6 %≈ 2,15 %≈ +0,35 %≈ 350 €
Fonds euros sélectionné3,5 %≈ 2,90 %≈ +1,10 %≈ 1 100 €
Livret A (référence)1,50 %exonéré≈ −0,30 %≈ −300 €

Deux enseignements pour le discours client. Premièrement, la marge réelle du fonds euros moyen est désormais très mince : l'effort porte donc en priorité sur la sélection du contrat, avant même d'envisager un changement de classe d'actifs. Deuxièmement, arbitrer vers des SCPI ou des unités de compte n'a de sens que pour la fraction du patrimoine dont l'horizon dépasse huit ans et dont le client accepte le risque de perte en capital, dûment recueilli au KYC. Déplacer un fonds de précaution vers un support risqué au seul motif d'un rendement facial supérieur constituerait précisément le défaut d'adéquation que l'AMF sanctionne.

Le bon réflexe méthodologique reste de segmenter le patrimoine par objectif (précaution, revenus, transmission, croissance) avant de raisonner support par support — la logique détaillée dans notre méthode de bilan patrimonial.

Ce que le CGP doit dire à ses clients en 2026

Le discours 2026 se résume en trois messages. Le fonds euros a cessé de faire perdre du pouvoir d'achat, mais sa marge réelle est mince et se réduit avec la remontée de l'inflation. La différence se joue sur la sélection du contrat, pas sur la classe d'actifs. Et tout maintien ou arbitrage doit être relié à un objectif et tracé, sous peine de fragiliser le dossier en cas de contrôle ou de réclamation.

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Questions fréquentes

Quel a été le rendement moyen des fonds euros en 2025 ?

Le rendement moyen des fonds en euros s'est établi à 2,6 % au titre de 2025 selon France Assureurs, chiffre confirmé à 2,63 % par l'ACPR. C'est la troisième année consécutive à ce niveau. Les meilleurs contrats ont servi entre 3 % et 4,10 % (Corum EuroLife), certains taux bonifiés temporaires approchant 5 %.

Le fonds euros protège-t-il encore le pouvoir d'achat en 2026 ?

En 2025, oui : avec une inflation moyenne de 0,9 % (INSEE) et un rendement net de prélèvements sociaux d'environ 2,15 %, le rendement réel était positif d'environ 1,25 point. En 2026, l'inflation est remontée à 1,8 % en juin (INSEE), ce qui réduit fortement la marge réelle. Le CGP doit raisonner en rendement réel net, pas en taux facial.

Pourquoi la dispersion des rendements fonds euros compte-t-elle autant ?

Parce que l'écart entre la moyenne (2,6 %) et le meilleur contrat (4,10 % en 2025) dépasse 1,5 point à risque identique, le capital étant garanti dans les deux cas. Sur 200 000 euros, cela représente environ 3 000 euros de gain annuel supplémentaire. La sélection du contrat crée une valeur mesurable, ce qui justifie et rémunère le conseil.

Comment justifier une recommandation de fonds euros lors d'un contrôle AMF ?

En documentant dans le rapport d'adéquation (article 25 MIF2, L.533-13 CMF) le rattachement du fonds euros à un objectif de sécurité identifié au KYC, la mise en garde sur le rendement réel, et la justification du contrat retenu. Les contrôles SPOT de l'AMF pointent régulièrement les recommandations faiblement motivées et le recueil insuffisant de l'information client.

Faut-il se méfier des taux fonds euros bonifiés affichés par les assureurs ?

Oui. Les taux boostés temporaires sont souvent conditionnés à une part minimale d'unités de compte dans le versement, donc à une prise de risque en capital. Recommander un contrat pour son taux affiché sans expliciter cette contrainte exposerait le CGP sur le terrain de l'adéquation. La condition d'UC doit figurer dans le rapport.